Affichage des articles dont le libellé est Monument Historique. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Monument Historique. Afficher tous les articles

jeudi 1 octobre 2009

Design à la cour

Profitez-donc du week-end prochain pour vous rendre à Fontainebleau visiter l'exposition "Design à la cour" avant qu'elle ne ferme ses portes lundi 5 octobre.

L'exposition propose aux visiteurs, pour la première fois, un aperçu des "magasins" situés dans les combles du château de Fontainebleau, autrement dit le stock d'objets d'usage courant destinés à "l'hôtellerie" du château (les chambres de service et appartements de suite destinés à l'accueil des cours impériales et royales entre 1804-1870).

Par ailleurs, l'exposition organise une rencontre avec les collections du Centre national des arts plastiques (Cnap), institution qui a pour vocation d'acquérir la fine fleur du design contemporain et de la mettre à disposition des musées qui en font la demande tant en France qu'à l'étranger.

Sont ainsi confrontées selon les pièces du château et les thématiques qui leur sont rattachées (vestibule, galerie François Ie, salle de bal salon des aides de camps etc.) les objets décoratifs du XIXe siècle, de la fin du XXe et des premières années du XXIe siècle: chaises, luminaires, vases, tables, lavabo, baignoires...

Les objets contemporains s'intègrent étonnamment bien au cadre de marbre et de boiseries dorées, très chargé, du château, qu'il rafraîchissent avec bonheur. Les chaises empilées, les armoires ouvertes sur les collections de porcelaines de Sèvre (napoléoniennes ou de 2009), donnent l'impression qu'on a rouvert les fenêtres d'un château un peu endormi et poussiéreux, qu'on a aéré les placards et qu'on a introduit la couleur, le neuf au sens positif, gai et dynamique du terme.

Claire, simple, thématique, cette exposition est l'occasion idéale de découvrir ou redécouvrir Fontainebleau et de s'intéresser au design, dont les prémices s'instaurent justement au XIXe siècle, lorsque l'on commence, grâce aux nouvelles techniques industrielles, la production en série d'objets fonctionnels et esthétiques.

Jusqu'au lundi 5 octobre 2009.
Informations complémentaires sur le site du Cnap ou sur le site du château de Fontainebleau.

Illustrations:
1-
Flambeaux et bougeoirs en bronze argenté, époque Premier Empire. © Sophie LLOYD, château de Fontainebleau & Chris Kabel - Flames, 2003 - Centre national des arts plastiques – © photo : CNAP/Y.Chenot, Paris
2-Escalier saint Louis avec lampe de Achille Castiglioni, Bey Jurgen, Graumans Rody, Grcic Konstantin, Maurer Ingo © musée et domaine nationaux de Fontainebleau
3-Alessandro Mandini, Fauteuils Soft Big Easy, 1987-2001 © musée et domaine nationaux de Fontainebleau


jeudi 25 septembre 2008

Bernardins chagrin

Curieuse comme de nombreux de parisiens de découvrir l'intérieur rénové du Collège des Bernardins, j'ai moi aussi fait la queue dimanche dernier (Journée du Patrimoine) pour pénétrer dans le lieu d'étude et de prière des moines cisterciens du XIIIe siècle. Avec la création, à partir des années 1200, des grandes universités, les villes de France d'Italie et d'Angleterre accueillent l'arrivée de monastères jusque là établis dans les zones rurales. Commencé en 1245 par l'Abbé de Clairvaux, l'ancien Collège Saint Bernard est situé au coeur du quartier latin. Il est pendant quatre siècles un lieu élitiste d'enseignement théologique avant d'être vendu comme bien national à la Révolution, puis transformé successivement en prison, école, caserne de pompier puis internat. En 2004, l’Architecte en Chef des Monuments Historiques, Hervé Baptiste et l’architecte Jean-Michel Wilmotte, prennent en main la restauration du bâtiment désormais destiné à devenir un "Lieu de recherche et de débat pour l'église et la société".
Si la conservation, dans l'état le plus stable, d'un monument historique dans un but de transmission aux générations futures comme témoignage historique et artistique du passé est une mesure qu'il faut célébrer — et encourager — la remise en état d'un tel monument nécessite un respect de l'architecture d'origine, une modestie dans le travail... et aussi un peu de bon goût.
Ces conditions semblent loin d'avoir été le soucis de Baptiste et Willemotte, lorsqu'ils ont inclu dans la nef du rez-de-chaussé une librairie, ou ont transformé le cellier en une suite de petites salles de conférence dont les portes grises massives coupent l'espace et évoquent plus la prison que l'épanouissement intellectuel. Enfin l'éclairage très "à la mode" (des spots oranges dans le sol, le long des colonnes, donnent l'impression que les piliers disparaissent vers le haut) est superflu et grandiloquent.
Je n'en dirai pas plus, un commentaire brillant sur cette triste restauration ayant été publié il y a déjà 3 semaines par Didier Ryckner, dans la Tribune de l'Art (dont je suis une lectrice assidue):
http://www.latribunedelart.com/Patrimoine/Patrimoine_2008/Bernardins_533.htm .
La Tribune ne s'appesantit pas sur la programmation "culturelle" du lieu. D'après ce qu'on peut lire sur le site, elle semble très éclectique, allant de la musique électroacoustique au cinéma des années 50 en passant par la peinture abstraite ou le récital de musique classique. Ca donne un peu une impression "fourre-tout", sans identité. Un peu de la culture à la louche...

Le lieu est malgré tout d'une grande beauté, pure et cistércienne, et il sera à nouveau visible gratuitement à l'occasion de la Nuit Blanche, le 4 octobre (http://www.paris.fr/portail/nb2008/Portal.lut?page_id=8707
)

Rue de Poissy M°10: Maubert Mutualité ou Cardianl Lemoine
http://www.collegedesbernardins.fr/