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samedi 13 juin 2009

Premiers retables

Prise par le temps, je ne peux écrire que quelques lignes rapides à propos de Premiers retables (XIIe siècle-début du XVe siècle), Une mise en scène du sacré, l'exposition - dossier au musée du Louvre.
Néanmoins, cette exposition est, je crois, mon coup de coeur de l'année. Je n'y étais entrée que pour y passer, par curiosité, et je me suis laissée prendre par la simplicité et la beauté des oeuvres présentées. L'accrochage et le déroulement de l'exposition sont clairs, précis et le propos intelligent, une réussite!
Des frontaux retables romans en pierre polychromes (dans le Nord de la France) ou en bois peints (en Catalogne ou dans le Sud Est de la France) aux mises en scènes complexes et pathétiques du gothique tardif, notre oeil assiste à l'évolution du retable, image du sacré par excellence. Certaines sculptures sont incroyables. Pour ne citer que lui, Le Martyre de Saint Hyppolite, du XIIIe siècle, est pur et élégant mais témoigne aussi d'un naturalisme inattendu et émouvant.
Je ne suis quasiment jamais déçue par les expositions-dossier du musée du Louvre, et Les premiers retables ne dérogent pas à la règles. Loin des tape à l'oeil expositions dont les titres foisonnent de termes dithyrambiques et trompeurs (tout n'y est qu' "or", "Roi", "trésors" etc.) les expositions-dossiers permettent de lier délectation et découverte, selon une vraie problématique. En exposant au sein du musée ces "fragments d'histoire de l'art" elles nous invitent à nous arrêter dessus, les observer et les comprendre, mais également à revoir d'un oeil enrichi les oeuvres des collections permanentes. En un mot, le propos n'est pas gratuit.

Selon moi, il s'agit donc d'une exposition à ne pas manquer (quitte à paraître louvro-centrée!).

Du 10-04-2009 au 06-07-2009 Lien ici
Photographies:
[1] Retable dit de Carrières, Annonciation, île de France, milieu XIIe siècle, Pierre polychrome, Musée du Louvre© Musée du Louvre / Pierre Philibert
[2] Martyre de Saint Hyppolite, XIIIe siècle, pierre Musée de Louvre,© Musée du Louvre / Pierre Philibert

samedi 28 mars 2009

Voyage dans l'imaginaire de l'Arioste au Louvre

Quand on pense à l'art classique, à la sculpture, aux arts graphiques et à la peinture en particulier, on oublie souvent qu'il existe une autre source d'inspiration pour les artistes que la religion ou la mythologie, le paysage ou la nature morte, le portrait ou la scène de genre... il s'agit bien entendu la littérature et la poésie!
Pourtant, depuis les romans courtois du Moyen-Âge, les écrivains et poètes - Dante, l'Arioste, Shakespeare - fournissent à travers leurs écrits un large répertoire iconographique. Ils sont le point de départ à des images peut-être moins conventionnelles, plus romanesques ou sentimentales, plus fantastiques ou oniriques, dans lesquelles l'artiste peut aisément projeter son propre imaginaire.

Ludovico Ariosto dit l'Arioste (1474 - 1533), dont on lit souvent le nom sur les cartels des musées, était un écrivain et homme de cour au service des princes d’Este, à Ferrare. Il y publia en 1516 la première édition du Roland furieux, un long poème chevaleresque (près de 40 000 vers) inspiré de la mythologie païenne, des romans médiévaux et des contes et légendes de l'Italie de la Renaissance humaniste. Son univers, exubérant, érudit et précieux, nourri de références, est peuplé de combats, de chevaliers, de forêts incroyables et d'héroïnes à délivrer. Dès sa parution, le poème fut un immense succès et il ne cessa de nourrir, durant quatre siècles, la créativité des peintres, sculpteurs, écrivains, de l'Opéra et du théâtre.

Peut-être un peu érudite, cette petite exposition "L'imaginaire de l'Arioste" ne comporte cependant que deux salles "L'imaginaire de l'Arioste" et "L'Arioste imaginé" et nous montre de Pisanello à Ingres, en passant par Nicolò dell'Abate, Fragonard, Duseigneur ou Gustave Moreau, les artistes italiens et français qui se sont inspirés et appropriés l'Univers du Roland Furieux. Les dessins renaissants, foisonnants de détails, sont de petites merveilles. À voir donc, s'il on se promène au Louvre dans l'aile Denon, plutôt que les médiatiques et sans intérêt "Funérailles de Mona Lisa", c'est mon avis.

Jusqu'au 18/05/2009, Musée du Louvre, aile Denon, tarif inclus dans le billet du musée (gratuité -18 ans et -26 ans le vendredi soir!) Lien ici.

Illustrations:
1- Pisanello (dit), Antonio di Puccio di Giovanni (Vérone ou San Vigilio, 1394 ? - ?, 1450/1455), Coque d’un navire portée par un dragon et esquisse d’un dragon, plume et encre brune, lavis brun, pierre noire, musée du Louvre, département des Arts graphiques © Musée du Louvre.
2- Jean-Auguste-Dominique Ingres, Roger délivrant Angélique, 1819, huile sur toile, 147 x 199 cm, musée du Louvre, département des Peintures
© Musée du Louvre.
3- Antoine-Louis Barye, Angélique et Roger montés sur l’hippogriffe, vers 1840, bronze à patine verte, 51,5 x 69 x 29 cm, musée du Louvre, département des Objets d’arts, déposé au département des Sculptures.
© Musée du Louvre.

dimanche 21 décembre 2008

Masques

Commissaire: Edouard Papet, conservateur en chef au musée d'Orsay
Exposition au Musée d'Orsay, salles 68, 69, 70,
du 21 octobre 2008 - 1er février 2009
Darmstadt, Institut Mathildenhöde, 8 mars - 7 juin 2009
Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek, été 2009














Louis-Emile Durandelle (1839-1917),
Masques du vestib
ule du contrôle de l'Opéra,
1875,
épreuve sur papier albuminé à partir d'un négatif verre,
27,8 x 38,2 cm
Paris, musée d'Orsay
Don de M. Alain Paviot, par l'intermédiaire de la Société des Amis du musée d'Orsay, 1994
Photo : musée d'Orsay, dist. RMN / Patrice Schmidt

C'est avec enthousiasme que je me lance dans cette petite chronique, car cette exposition me semble exemplaire, par le choix des œuvres, la rédaction des textes, et la muséographie.

La présentation se fait thématiquement mais avec un ancrage chronologique. La première salle propose une définition du masque, ce qui semblait en effet indispensable. Puis, plusieurs sections déclinent les différentes formes de production et d'exploitation du masque : théâtral, de mascarade, funéraire, de Méduse, décoratif, symbolique, ou encore ouvrant sur la modernité. Ainsi, malgré l'excellence de l'exposition, rien ne semble plus mal adapté que son sous-titre, "de Carpeaux à Picasso" puisque l'exposition propose une vision du sujet de l'Antiquité au début du XXe siècle, en passant par le japonisme.

La muséographie, très théâtrale, se prête bien au sujet. Les cimaises rouge sombre, qui évoquent l'univers du spectacle, se marient aux socles métallisés. Les éclairages font surgir les visages de la pénombre de manière spectaculaire, comme l'impressionnant
Bouclier avec le visage de Méduse de Böcklin, chef-d'œuvre acquis récemment par le musée. L'accrochage à hauteur variable dynamise la présentation et rompt la monotonie qui aurait pu naître de l'unicité de la thématique. De courts cartels explicatifs, placés à proximité des œuvres, complètent les cartels descriptifs par quelques informations concises et essentielles sans tomber dans l'iconographie à rallonge. Quant aux textes qui introduisent les sections, ils utilisent un phrasé simple mais sans simplification excessive du propos, toujours concis et éloquents par l'allusion constante aux oeuvres présentées.


Arnold Böcklin (1827-1901),
Bouclier avec le visage de Méduse,
1897,
H : 61 cm, papier mâché,
Paris, musée d'Orsay
photo : RMN / Hervé Lewandowski


Enfin, les œuvres sont particulièrement bien choisies. L'exposition convoque dessins, peintures, objets d'art et photographies pour enrichir un propos qui s'appuie sur la sculpture. Il est difficile d'énumérer ici tous les artistes majeurs représentés - Carpeaux, Carriès, Rodin, Böcklin, Nolde - mais il faut souligner que la présentation ne s'y cantonne pas. Des noms un peu moins célèbres nourrissent une réflexion clairement exposée. Quelques prêts prestigieux rendent cette exposition incontournable : la Nouvelle Salomé de Max Klinger venue de Dresde ou le Masque ailé de Fernand Khnopff conservé à Hambourg. Enfin, la partie moderne s'intègre en douceur au parcours ce qui rend explicite la permanence du thème malgré la distance du traitement.


Pablo Gargallo (1881-1934)
Jeune homme aux cheveux frisés,
1911
photo : www.masdearte.com



Cette exposition est un pur plaisir, courez la voir!!!


Lien vers la présentation du site du musée d'Orsay

vendredi 28 novembre 2008

Bronzes français : de la Renaissance au siècle des Lumières

Commissariat : Geneviève Bresc-Bautier et Guilhem Scherf, musée du Louvre
Exposition du 24 octobre 2008 au 19 janvier 2009
Paris, musée du Louvre, Aile Richelieu ; cours Marly et Puget, crypte Girardon, salle Houdon
Exposition coorganisée avec le Metropolitan Museum of Art de New York et le J. Paul Getty Museum de Los Angeles.
Prêts exceptionnels des collections royales anglaises, des musées de Dresde, de Toulouse et du château de Versailles.

Pierre Ier BIARD,
La Renommée,
bronze, H : 117 cm,
ailes restaurées par Chinard en 1805,
acquis en 1834, Paris, musée du Louvre


Placée sous le signe de l'« année européenne du dialogue interculturel », cette exposition vise à faire le point sur les bronzes français, jusqu'alors peu étudiés, contrairement à ceux italiens et germaniques ; à travers la production monumentale mais aussi le petit bronze d'agrément.

Trois difficultés se posaient avec un tel sujet : la faible popularité de la sculpture, les problématiques propres à son « accrochage » volumineux et à son poids, enfin la complexité de mise en œuvre d'un matériau souvent déprécié car il autorise le multiple. Cette exposition présente la production de sculpture en bronze à l'époque moderne, en convoquant les grands noms tels que Primatice, Jean Goujon, Germain Pilon, Barthélémy Prieur, Robert Le Lorrain, Michel Anguier, François Girardon, Pierre Puget, Jean-Baptiste Pigalle, Jean-Antoine Houdon. Chaque personnalité artistique est présentée par un texte mural qui met en évidence son traitement stylistique et rappelle sa place parmi ses pairs. Si le communiqué de presse annonce une division chronologique tripartite de l'exposition : « Du Maniérisme au Classicisme » (soit le XVIe siècle), «Un art majeur sous Louis XIV » (donc le XVIIe siècle) et enfin le « siècle des Lumières, de la Rocaille au Néoclassicisme » (et voilà pour le XVIIIe !) ; celle-ci n'est pas perceptible au cours de la visite. En effet, l'individualisation des artistes en petites sections monographiques et érudites successives ne permet pas d'avoir une vision globale de la production d'une période. En outre, on peut se demander s'il est encore fondé de construire une expositions grâce aux « ismes » de l'Histoire de l'art, dans une conception évolutionniste. Autant la production du règne du Roi Soleil peut trouver son homogénéité dans sa destination, autant il est difficile de percevoir le lien entre une figure de 1740 imprégnée par l'esprit « rocaille » et un bronze de la fin du siècle. Le lien entre une production « classicisante » de la fin du XVIe siècle et celle « néoclassique » des années 1780 n'est-il pas plus pertinent ?

De plus, la longueur et la complexité du parcours répond à l'amplitude de la fourchette chronologique. L'impossibilité de déplacer certaines œuvres a contraint à l'installation de l'exposition dans les collections permanentes. Il revient à la muséographie de créer le lien entre les oeuvres grâce à des socles, des rampes et une signalétique vert-de-gris, se mariant harmonieusement avec les œuvres. La dispersion des sculptures impose l'affichage de plans qui précisent le parcours que le visiteur doit suivre. Cependant, cette unité muséographique empêche toute matérialisation des découpages intellectuels du sujet et crée une certaine confusion pour le visiteur. On note ainsi que le public qui suit tout le parcours de l'exposition est rare. Il s'agit plutôt du visiteur occasionnel qui se laisse happer un moment au cours de sa visite des collections permanentes mais qui finit par décrocher d'un discours trop spécialisé.

Enfin, contrairement à ce que laisse entendre le texte introductif, le matériau, sujet de l'exposition je le rappelle, n'est absolument pas mis en valeur. Les cartels ne le mentionnent pas systématiquement, et seule une pauvre explication sur la technique de la cire perdue, incompréhensible et sans schéma, traîne dans un recoin de l'exposition, prête à dégoûter le misérable visiteur qui s'accrocherait encore à la visite. L'introduction met en évidence une variabilité, géographique et temporelle, des pratiques du bronze, mais rien ne fait dévier l'exposition d'une approche linéaire et biographique.

Il faut néanmoins souligner la qualité des éclairages, particulièrement soignés pour mettre en valeur les reliefs et les patines. Quant aux œuvres, c'est un pur plaisir. Donc, bonne visite!

LIEN vers le site du Louvre pour tout renseignement sur l'expo

vendredi 23 mai 2008

Monumenta 2008: le minimalisme de Richard Serra

Radicalement différente du cataclysme d'Anselm Kiefer (Chute d'étoiles, Monumenta 2007), l'édition Monumenta de cette année invite sous la verrière du Grand Palais le sculpteur américain Richard Serra (né en 1939).
Avec Promenade, Serra opte pour l'épure la plus totale. Minimale, son oeuvre est constituée de 5 immenses plaques d'acier de 17 m de haut et 4m de large. Légèrement penchées ou décentrées, elles sont dressées selon l'axe longitudinal de la nef. Avec ces 5 plaques, Serra joue sur l'équilibre (les plaques ne semblent reposer que sur la tranche), la multitude des points de vue, le rapport à l'architecture et à l'espace, la surface du matériau...

Comme l'année dernière, Monumenta se veut pédagogique: des médiateurs et des audioguides gratuits sont à disposition. Un peu déçue par le discours des médiateurs de l'année dernière, j'ai cette année pris l'audioguide, très bien fait, qui permet d'en savoir plus sur Serra, son oeuvre, ses influences et ses rencontres.
Un peu déroutante au départ, Promenade devient progressivement une expérience zen qui permet de découvrir avec simplicité l'art de Richard Serra et de (re)découvrir, au calme, l'immense nef du Grand Palais.

N.B: Y aller à la tombée de la nuit, vers 21-22heures, quand les changements de couleurs du ciel et de lumière modifient en douceur la perception des oeuvres.

www.monumenta.com

mercredi 21 mai 2008

Marie Antoinette

Prenant mon courage à deux mains, j'ai décidé ce matin d'affronter l'événement Marie-Antoinette, blockbuster du moment au Grand Palais (jusqu'au 30 juin 2008).

Malgré l'heure matinale et mon exemption de file d'attente, je me suis retrouvée dès la première salle dans un bain de foule. Ma première crainte, celle du public féminin sexagénaire et très bavard, se vérifie et me conforte, dans les premières minutes, dans mon a priori très négatif de l'exposition. En effet, depuis le mois de mars, Paris est envahi par les affiches sucrées de Marie-Antoinette. Devant un tel battage on ne peut s'empêcher d'associer l'exposition à l'image Coppola de Marie-Antoinette, à la Disneylandisation croissante du château de Versailles — le Hameau de la Reine a été subtilement rebaptisé "Domaine de Marie-Antoinette" — ou à celle des expo du Grand Palais en général — l'exposition Walt Disney y avait-elle vraiment sa place? La reine, sans cesse réhabilitée, devient la "victime" de la Révolution, l'icône de la jeune femme libre sacrifiée etc. Marketing, people, commerce, kitsch, bref, je m'attendais au pire.

Avertis, les commissaires de l'exposition se prémunissent de toute attaque dès l'introduction. Ils évoquent les clichés associés à Marie-Antoinette ("frivole, dépensière, victime"), la littérature surabondante qui lui est consacrée, les films... Leur démarche est la suivante: "Cette exposition cherche à donner des réponses [à ces clichés] en révélant Marie-Antoinette dans toute la diversité de sa personnalité". Pour ce faire, l'exposition comporte 3 parties, suivant la vie de la reine: l'époque de l'éducation à la naissance des enfants, le temps des fastes versaillais, et la chute de la Révolution.

Dans une muséographie fastueuse, soignée et séduisante — les salles en enfilade évoquent les appartements de Schönbrunn ou Versailles — la première partie présente un ensemble de peintures (Bellotto, Liotard, Vigée le Brun [photo 1]), sculptures (Boizot, Lemoyne, Lecomte) et d'objets d'art (meubles Boulle, chinoiseries), le tout sur fond de musique Baroque. Très descriptif et généalogique ce premier acte comporte néanmoins quelques objets superbes, tel le coffre à bijoux en bois de rose et sycomore agrémenté de procelaine de Sèvres peinte, par Martin Carlin. La dernière salle "La Reine et son image" (la plus intéressante) aborde, trop succinctement malheureusement, la question du rapport entre la reine et les artistes officiels.
La deuxième partie, celle des fastes, est elle aussi particulièrement réussie sur le plan scénographique — les cimaises évoquent les coulisses d'un décor d'Opéra XVIIIe. De la même façon, le discours sur Marie-Antoinette et son rapport à l'art et aux artistes (puisqu'il s'agit ici de la comprendre, entre autres, en tant que mécène et collectionneuse) est souvent assez léger et peu original. La qualité des objets est en revanche au rendez-vous: le boudoir de Fontainebleau par Riesener [bureau, photo 2] et Jacob est impressionnant de virtuosité, de même que les fauteuils de J.B. Claude Sené, les orfèvreries de Feuchère...
L'exposition se termine par la période Révolutionnaire [photo 3], de la fuite à Varenne à l'échafaud, en passant par le séjour à la tour du Temple. Le silence et l'obscurité de la longue salle contrastent avec les fastes précédents.

Moins emphatique que ce que je redoutais, l'exposition Marie-Antoinette reste cependant très consensuelle. On n'apprend rien de très nouveau sur la reine, et on reste sur sa faim quant au contexte historique et esthétique, le rapport entre art et pouvoir etc — même si l'exposition se veut biographique elle présente en majorité des oeuvres d'art. Si je désapprouve le concept d'une exposition "Marie-Antoinette" (pour les raisons écrites dans le premier paragraphe), je ne la déconseille pas pour autant. Le souci muséographique, et surtout la présence de pièces maîtresses de l'art somptuaire au XVIIIe siècle méritent la visite.

http://www.rmn.fr/Marie-Antoinette

jeudi 15 mai 2008

Le romantisme de Marie d'Orléans

La petite exposition dossier du Musée du Louvre, Marie d'Orléans, 1813-1839. Princesse et artiste romantique (jusqu'au 21 juillet) ne comporte que 4 salles mais mérite amplement le détour.
Marie d'Orléans, fille du roi des Français Louis Philippe, est en effet l'une des rares artistes féminines de la première moitié du XIXe siècle. A la fois princesse, mécène, collectionneur et sculpteur, Marie entretient des liens avec les artistes romantiques parisiens: le peintre Ary Scheffer (il lui apprend le dessin et lui donne l'idée de la sculpture), l'orfèvre Wagner ou l'architecte Charpentier. Très cultivée, Marie développe un art néo-gothique d'une grande piété, féminin et littéraire — elle trouve son inspiration dans les écrits de Byron ou Edgar Quinet. Au Palais des Tuileries, elle aménage son appartement dans un style néogothique très étudié.
L'exposition présente des oeuvres de Marie d'Orléans (sculptures et dessins, dont les célèbres Jeanne d'Arc et Ange de la résignation) mais également des portraits de la princesse par Ary Scheffer, des objets lui ayant appartenu ou encore la clôture ajourée néogothique des Tuileries.

Présentant avec intelligence la vie et l'oeuvre de Marie d'Orléans dans son contexte historique et esthétique, l'exposition est aussi une petite réussite sur le plan muséographique. Les motifs gothiques et floraux des murs et panneaux explicatifs s'inscrivent parfaitement dans l'atmosphère romantique et légèrement kitsch de l'art de la princesse.

www.louvre.fr